La douleur chronique
« J’ai toujours mal depuis la dernière fois » ...
La douleur chronique est un motif de consultation commun en médecine générale. Elle représente environ 20 à 25% des consultations de médecine générale. On estime à 12 millions le nombre de personnes souffrant de douleurs chroniques en France. Gardez le moral, vous êtes nombreux !
Quelques explications sur la douleur.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la douleur est « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle ou décrite en ces termes ». Cela signifie qu'on peut avoir des douleurs même sans avoir retrouvé de cause sur les examens réalisés.
La douleur est constituée de plusieurs composantes :
Sensitivo-discriminative : qui correspond aux caractéristiques de la douleur.
Ex : sensation de brulures, de crampes…l’intensité, la localisation de la douleur.
Affective et émotionnelle : qui représente l’influence des émotions sur la douleur.
Ex : les douleurs seront moins présentes dans une situation positive (ex : se promener avec ses petits-enfants), et plus marquées dans une situation négative (ex : baisse de moral car problèmes de couple, problèmes au travail, décès d’un proche…)
Cognitive : qui correspond au sens qu’on donne à la douleur, à l’interprétation qu’on fait de cette douleur.
Ex : Si on identifie que les douleurs sont plus importantes après avoir tondu la pelouse pendant deux heures. On peut être amené à adapter son attitude et à ne tondre qu’une heure sur deux jours au lieu de deux heures sur une journée.
Comportementale : qui correspond à la manière dont on communique sa douleur de façon verbale et non verbale. En fonction de la manière dont l’entourage reçoit l’expression de cette douleur, on peut être amené à ne pas l’exprimer ou à la placer au centre de l’attention.
Ex : Mon/ma conjoint(e) fait la vaisselle depuis que j’ai mal au dos. Ai-je vraiment intérêt à aller mieux ?
Ces comportements ne sont pas nécessairement réalisés en conscience par la personne présentant les douleurs.
Il faut aussi distinguer la douleur aiguë de la douleur chronique :
La douleur aiguë doit être considérée comme un signal d’alerte, permettant la protection de la personne (ex : retrait de la main, quand on la passe sous l’eau chaude.) Elle est la conséquence d’une cause habituellement identifiable.
L’objectif dans ce type de situation est d’identifier la cause, de la traiter pour soulager la douleur.
La douleur chronique peut résulter de lésions du système nerveux, ou être liée à un dysfonctionnement du système de régulation de la douleur. Elle n’a alors plus de fonction de protection de la personne. Les causes de cette douleur sont le plus souvent pluri-factorielles. La douleur est alors associée à des facteurs psychologiques, sociaux et culturels, avec des conséquences physiques, morales et sociales et un retentissement sur la qualité de vie.
L’objectif de la prise en charge n’est pas d’arrêter la douleur parce que nous n’en avons pas les moyens, mais d’identifier les facteurs favorisants, pour agir dessus, moduler la douleur et améliorer sa qualité de vie.
Dans l’arsenal thérapeutique de la douleur chronique existent des méthodes médicamenteuses et non médicamenteuses :
Parmi les méthodes médicamenteuses on retrouve des molécules comme le paracétamol, l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdien, le nefopam, les opioïdes faibles (codéine, opium, tramadol), les morphiniques, les antiépileptiques, les antidépresseurs.
Parmi les méthodes non médicamenteuses, on peut citer la psychothérapie, l’activité physique, l’hypnose, la stimulation électrique transcutanée, les médecines alternatives. De façon plus générale, occupez votre quotidien avec des activités qui vous plaisent. Il est important de remplir les « vides » qui sont une place libre à bien ressentir ses douleurs.
Comme on l’a vu précédemment, la douleur chronique présente des composantes en lien avec les émotions, avec l’entourage et les habitudes de vie. Vous noterez que les antidépresseurs et la psychothérapie font partie des traitements de la douleur et ceci a tout son sens quand on connait le lien entre la douleur et les émotions.
La douleur chronique ne se traite pas mais elle s’apprivoise. Il est nécessaire de faire le deuil du passé et accepter qu’on ne puisse plus tout faire comme avant.
La douleur chronique est un vaste sujet qui demande du temps pour être correctement évalué. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous dédié à ce motif. Au cours de ces consultations, il est souhaitable de ne pas avoir d’autres problématiques à aborder au risque d’altérer la qualité des soins.
Je peux vous aider dans la gestion de votre douleur à différents niveaux comme l’identification de facteurs favorisants, des conseils sur vos habitudes, l’orientation vers un centre spécialisé, la prescription d’appareillage ou d’antalgiques. Je pratique également l’hypnose qui est une méthode non médicamenteuse qui a prouvé son efficacité sur la prise en charge de la douleur chronique.
« La villa santé » (la vie la santé) du CHU de Poitiers vous propose des ateliers d’éducation thérapeutique pour vous informer sur la douleur chronique et vous donner des clés pour mieux la gérer. Il s’agit d’ateliers collectifs autour d’un thème commun aux participants comme la douleur notamment.
Coordonnées la vie la santé :
Téléphone : 05 49 44 48 18
Mail : vielasante@chu-poitiers.fr
Site internet : https://www.chu-poitiers.fr/specialites/vie-la-sante/douleurs-chroniques/
Sources :
Livre blanc de la douleur 2017, État des lieux et propositions pour un système de santé éthique, moderne et citoyen, SFETD
PREVA – DOL 2025, OFDA, site internet, https://ofda.fr/barometre-douleur-france/
Analgésia, site internet - La douleur chronique, un enjeu majeur de santé publique https://www.institut-analgesia.org/la-douleur-chronique/chiffres-cles-douleur-chronique/
https://www.hypnose.fr/hypnose/definition-hypnose/
https://www.chu-poitiers.fr/specialites/vie-la-sante/douleurs-chroniques/